Milesker Gil !
Une compilation en soutien aux familles des prisonniers politiques basques

Animés par la volonté de venir en aide aux familles de prisonniers basques incarcérés en France et en Espagne, l'association Mokoka, ainsi que des amis proches des comités "Solidarité avec Euskadi" et "Lokarria", implantés à Paris a lancé l'idée d'éditer une compilation rassemblant des groupes français de tous horizons musicaux.

Pourquoi?

La plupart d'entre nous a découvert le combat de ce peuple pour son identité à travers les journaux ou la télévision, mais aussi grâce à des groupes basques comme Kortatu, DUT et Negu Gorriak. Ce combat, loin d'édifier de nouvelles frontières, a pour but de retrouver une identité propre à partir de valeurs telles que la liberté, la tolérance et la solidarité.

Combien de fois nous sommes nous reconnus dans la traduction des textes de ces groupes ? Des mots simples qui expriment des idées simples auxquelles on adhère tous.

Le peuple basque veut simplement reprendre son destin en main et décider de son futur sans que nul ne lui impose, ni Madrid, ni Paris, ni Bruxelles. L'état français exprime à sa façon son soutien à Madrid en encourageant entre autres les extraditions, les arrestations de militants et les reconduites à la frontière.

Si nous avons choisi d'exprimer notre solidarité avec les prisonniers, c'est parce ce sont eux qui souffrent le plus, loin de leur famille et de leurs amis. Beaucoup d'autres l'ont fait avant nous en ouvrant leur maison à 2000 réfugiés politiques, mais souvent ces personnes solidaires ont payé cher leur conception du droit d'asile: perquisitions, gardes à vue, prison...

Aujourd'hui, C'est à notre tour d'être solidaire en utilisant la musique qui est notre meilleur moyen d'expression. Faisons en sorte que nos voix, nos guitares traversent les murs des prisons.

Prisonniers: la vengeance de l'état

Actuellement, 600 prisonniers basque sont disséminés dans 90 prisons françaises et espagnoles dont 70 prisonniers en France). Certains y sont depuis 18 ans.

La vie de ces hommes et de ces femmes est particulièrement difficile. Ils sont isolés, certains dans des prisons situées aux Iles Canaries, à 2500 km du Pays Basque. Là, les visites des familles sont rares et celles des amis sont purement interdites. Régulièrement, ils sont transférés afin de rompre leur équilibre mental et affectif. De plus, les passages à tabac des matons et de la Guardia Civil sont monnaie courante lors de ces transferts. Ces conditions ont mené cinq prisonniers au suicide, le dernier au mois de février. Sept autres sont morts à la suite de complications dues à des maladies mal soignées.

Mais il n'y a pas que les prisonniers qui souffrent. Les familles aussi! Elles sont contraintes d'effectuer des voyages infernaux toutes les semaines (1700 km aller/retour en bus jusqu'à Paris) pour une visite au parloir qui dure en moyenne de 10 à 15 minutes. Imaginez le coût financier et moral d'une telle situation. En outre, six membres de famille de prisonniers sont morts accidentés sur les routes lors de telles visites.

Pour réduire ces souffrances, un grand mouvement milite actuellement au Pays Basque pour exiger " Euskal Presoak Euskal Herrirat" soit "Les prisonniers basques au Pays Basque". Nous ne croyons pas que les prisons basques soient plus confortables que les prisons françaises ou espagnoles, et il est vrai que depuis des années l'amnistie reste l'objectif principal. Cependant, si les prisonniers étaient plus proches de chez eux, cela rendrait la situation moins douloureuse pour les familles. Tel est l'objectif que nous voulons atteindre à travers ce disque.

La totalité des bénéfices des ventes sera reversée aux prisonniers basques et à leurs familles par le biais des associations qui les soutiennent, Senideak, Gureak, Ahaideak.

Faisons en sorte que chaque CD se transforme en une lime qui coupera les barreaux emprisonnant le peuple basque.